samedi 29 février 2020

JANIN, Maître verrier

Joseph JANIN. C'est un nom bien connu des amateurs de vitraux. On le retrouve souvent associé aux travaux réalisés par l'Ecole de Nancy.
La famille Janin est originaire de Metz. Joseph Janin est le fils de François, tailleur de pierres à Metz. Il naîtra le 13 février 1851 à Woippy.


L'apprentissage.
Laurent Charles MARECHAL, auto-portrait



Intéressé par le dessin et le travail du verre, il suivra une formation de verrier dans les ateliers de Laurent Charles Maréchal installé à Metz. Formation de qualité chez Maréchal, Maître Verrier de renommée nationale qui a participé à de nombreux travaux.








sacristie sud Notre Dame


Citons les vitraux de la sacristie du flan sud de Notre Dame de Paris restaurée par Viollet-Leduc et la commande de vitraux pour l'Exposition Universelle de 1855.




Les ateliers sont installés au 4, Rue de Paris à Metz à partir de 1853 et c'est là que Joseph Janin fera son apprentissage.


Au début de la guerre de 1870, Joseph fuit par la Belgique puis revient en France engagé dans l'armée de Faidherbe. Après la guerre, retour à Woippy où naîtra son fils Georges, avant que la famille ne déménage à Nancy.

l'installation et l'évolution.


Fort de ses acquisitions en apprentissage, Joseph débute ses activités à Nancy et, très vite, collaborera à de nombreux travaux régionaux , gagnant ainsi une solide réputation qui lui permet de reprendre la succession des ateliers de Victor Höner. 




Il participe à des réalisations collectives avec les acteurs de l'Ecole de Nancy avec laquelle il collaborera à de nombreux projets sur la cité nancéenne.




Fin de carrière et succession:
Il assurera la formation de son fils, Georges, qui suit les pas de son père. Père et fils travailleront ensemble avant que Georges ne fonde son propre atelier.



De santé fragile, Joseph devra faire de nombreux séjours pour se reposer dans les Vosges avant de s'établir définitivement à Raon-l'Etape où il décédera en 1910.

Après le décès de Joseph Janin, l'activité de l'atelier se poursuivra avec le fils, Georges, qui se forge une bonne notoriété pour son travail, comme en témoignent ses nombreuses réalisations dans les années 20/30. A son décès en 1955, les activités de l'atelier se poursuivront sous le nom de SA Benoit à partir d 1957, puis sous celui d' Atelier SA 54 à partir de 1970.


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Les réalisations régionales de Joseph Janin:

1) L'église Bon Secours de Nancy.




Les remaniement de cette église ont eu lieu sous le règne de Stanislas qui en fera le symbole de son duché qui verra son  point d'orgue avec la commande de son mausolée à l'architecte Emmanuel Héré.







Rappelons que cette  église accueille, entre autres personnages,  les tombeaux de Stanislas Leszczynski et de Catherine Opalinska son épouse.
Choeur de l'église, Vitraux Maréchal


Les vitraux du choeur ont été repris en 1872. C'est l'atelier du Maître Verrier messin, Laurent Charles Maréchal, qui s'en chargera.Ces vitraux ont été commandés en 1868 par Napoléon III, à la demande de l'impératrice Eugénie. 




Vitrail Janin

Les vitraux de la nef ont été conçus par son élève Joseph Janin, peintre verrier qui réalisera un ensemble très lumineux grâce aux sept vitraux de la nef posés en 1904. chaque vitrail comporte un médaillon illustrant une scène de l'histoire de l'église Bon Secours.


Médaillon d'un vitrail







2) La villa Bergeret.


Villa Bergeret

Réalisée en 1904, cette villa symbolise l'union des arts ici pleinement réalisés, puisque Louis Majorelle, Eugène Vallin, Victor Prouvé, Joseph Janin et Jacques Grüber participent à la finition de l'édifice.  Le peintre verrier Joseph Janin exécute trois ensembles de verrières: au rez de chaussée celle du jardin d'hiver et, aux étages, celles des impostes des portes.




Vitrai en imposte signé Janin


3) La résidence Poincaré à Sampigny.



Villa Poincaré



Ces vitraux ont été détruis durant la première guerre mondiale, plus exactement en septembre 1914.




Copie d'après Janin



Ceux que nous voyons aujourd'hui en sont une copie d'après les originaux.












Les réalisations locales de Joseph Janin



Fuite en Egypte


1) Neufchâteau, église St Christophe. 

Il s'agit d'un vitrail sur la fuite en Egypte réalisé par les ateliers Janin en 1898.












2) Liffol le Grand. 
Les ateliers  Joseph Janin & Victor Höner  ont réalisé un vitrail sur Jeanne d'Arc en 1890.








St Vincent et les vignerons



3) Vittel, Eglise St Rémy. 
Il s'agit de plusieurs vitraux, Jeanne d'Arc, St Vincent et les vignerons, St Dominique, tous réalisés par les ateliers Janin en 1900.







Baptême du Christ




4) Damblain

Le vitrail intitulé Baptême du Christ, offert par la famille Bernard, a été réalisé par les ateliers Janin en 1901.







La liste des travaux réalisés n'est certainement pas close, les ateliers Janin ayant réalisé beaucoup de vitraux, en particulier en Lorraine destinés à des édifices religieux.

Ce qui n'empêchait pas de travailler à des réalisations différentes comme la publicité . . . 






Pour preuve ce vitrail publicitaire réalisé pour une célèbre marque de champagne en 1903, visible aujourd'hui au musée de l'Ecole de Nancy.










Généalogie de la famille Janin




samedi 22 février 2020

1870 Aux portes de Chaumont . . .

Commençons par un petit village de la plaine des Vosges, Pompierre, nous sommes au milieu du XIX° siècle.
Jacob HATT s'est installé au village avec son épouse, Catherine FICULIER. Jacob est berger, il organise son itinérance en fonction des besoins des villages de la plaine. 
Le couple se fixera pour quelques années à Pompierre et aura plusieurs enfants dont Joseph né en 1847. 

acte de naissance de Joseph Hatt


En 1849, la famille Hatt déménage pour St Blin où Jacob continuera son métier de berger.




La population de cette plaine rurale vit une période trouble qui se terminera par la défaite du second empire et la naissance de la deuxième république.

Au cours de ce conflit napoléonien, la famille Hatt perdra deux des ses fils, Joseph et Jean Baptiste, qui ont participé aux combats de 1870. Leurs transcriptions respectives seront portées sur les registres de la maire de Chantraine en Haute Marne.



Après la défaite de Napoléon III à Sedan, l'annonce de la capitulation provoque un soulèvement populaire à Paris. 




Suivent la chute du second empire et la proclamation de la troisième république le 4 septembre 1870. Un gouvernement provisoire est aussitôt créé.


En réaction, un mouvement patriotique traverse tous les milieux politiques, parfois au delà des frontières, comme ce fut ce cas avec Garibaldi qui se met au service de la France.







Ce mouvement qui va des Vendéens royaliste aux chemises rouges de Garibaldi, s'organise de façon anarchique. Des bataillons de " mobiles" de la Garde Nationales se confondent avec les territoriaux pour faire face à l'ennemi. Des francs tireurs harcèlent les arrières de l'armée allemande. Mais, faute de cadres, d'équipements et de formations militaires suffisantes, ces volontaires ne sont pas en mesure de d'arrêter la progression des troupes allemandes aguerries.




C'est dans ce contexte qu'une unité de volontaires de la Haute Marne a été levée afin de s'opposer à l'avance des troupes prussiennes sur Chaumont. 

Cette unité barre la route de Chaumont au sud; la deuxième compagnie du capitaine Dubos participe au combat. Elle s'est battue le 6 novembre à Provenchères sur Marne. Elle est faite prisonnière. Un des militaires français ayant fait feu sur un Prussien, la compagnie est massacrée en représailles.



C'est bel et bien un massacre sur ces volontaires de la région qui seront tués dans le bois de la Chesnoye, entre Marault et Bettenay, à telle enseigne que, parmi ceux qui ont survécu, on retrouve le caporal Labarrère, originaire de la Meuse, qui a été touché à l'oeil gauche par un coup de baïonnette, au poignet gauche par un coup de feu. Il lui avait été dénombré plus de vingt blessures par coups de sabres . . .  heureusement sans gravité! Tout de même!



L'état civil du bourg haut-marnais de Marrault en témoigne: c'est donc le 7 novembre 1870, à 17H00, que deux habitants du village, François-Antoine Maigrot et Henri-Louis-Eugène Leseur, viennent en mairie déclarer la mort de 38 hommes entre 14 et 16H00, au  le bois de la Chesnoye, sur la route de Bretenay.
Ces hommes, précisaient les témoins, étaient revêtus de "l'uniforme de la 2° compagnie d'éclaireurs des mobilisés de la Haute Marne."



L'officier de l'état civil enregistrera ces 37 décès sur  les registres du village; un monument aux morts à la mémoire de ces soldats morts au champ d'honneur sera érigé sur les lieux  par la suite.


liste des soldats décédés


Ils sont tous inscrits sur les registres de l'état civil de la commune de Marrault, avec pour chacun un acte de décès dûment renseigné.


Acte de décès soldat inconnu
Excepté pour 7 d'entre eux dont on ne connait rien d'autre que le nom du régiment dont ils faisaient partie et pour lesquels sera écrite cette mention: "sur lequel il n'a été trouvé aucun titre qui puisse en établir l'identité."




Les soldats de cette compagnie étaient, pour l'essentiel, originaires de la Haute Marne ou de la Meuse. 


Acte de décès de Joseph Hatt
C'est également dans cette compagnie que servait Joseph Hatt, caporal, mentionné au départ dans notre article, né à Pompier et fils du berger Jacob Hatt et de Catherine Ficulier.
La transcription de son décès a été faite en 1870 sur les registres de Chantraine (52)



Parmi ces soldats décédés à Marault figuraient deux officiers.


acte décès du lieutenant Levie-Ramolino
Le premier, André Napoléon Levie-Ramolino, natif de Corse, et fils d'Antoine Napoléon Lévie et de Marie Biadelli. Ce lieutenant était un petit neveu de Napoléon I° par la branche maternelle de l'empereur, Ramolino étant le nom de la famille de la mère de Napoléon I°, Marie Laétizia.


Arbre généalogique famille Napoléon I°



Le deuxième, Charles Hyppolite Dubos, capitaine de la garde nationale, gravement blessé, sera recueilli chez Pierre Gervilliers, cultivateur à Bologne. 

Il décédera le lendemain de la suite de ses blessures, son acte de décès étant inscrit sur les registres de Bologne, lieu de domicile de P Gervillier.


acte décès du Capitaine Dubos


Si vous passez dans le secteur, faites un détour par le bois de la Chesnoye, entre Marault et Brethenay, et consacrez un peu de votre temps à la recherche de ce monument dédié au souvenir des victimes de ce massacre de 1870, érigé par les membres de la société amicale et patriotique des combattants hauts-marnais.

Monument du bois de la Chesnoye

Commission 1870 du CGPJ





mercredi 12 février 2020

AGENDA



Vie du Cercle

A vos agendas!

Le cercle Généalogique du pays de Jeanne a fixé son calendrier de réunions pour ce premier trimestre:


Pour le CA:

Réunion du CA le jeudi 12 mars à 14H30 à Neufchâteau.




Pour l'assemblée générale:

Réunion de l'AG 
le mercredi 25 mars à 14H30 
à l'école des Tilleuls 
à Liffol le Grand.



mardi 4 février 2020

L'honneur des grognards de Napoléon

Départ de Napoléon pour l'île d'Elbe
Suite à son abdication du 6 avril 1814, Napoléon 1° prend le chemin de son premier exil sur l'île d'Elbe d'où il s'échappe fin août 1815. Après l'épisode des cent jours, il est débarqué par les troupes anglaises sur l'île de St Hélène pour un exil définitif.



Testament Napoléon 1°,  troisième partie



1821. L'empereur déchu est à St Hélène. Sentant que sa fin est prochaine, il rédige un testament dont la troisième partie est réservée à ses anciens grognards. Il s'agit de témoigner sa reconnaissance à l'égard de ceux qui ont participé à ses campagnes de 1792 à 1815.











Désiré Albert BARRE
Dans l'esprit du testament de son oncle, Louis Napoléon Bonaparte fit créer par décret le 12 août 1857 une médaille dite médaille de St Hélène, qui rappelle tous les combats de 1792 à 1815. Cette médaille commémorative était destinée à tous les survivants de l'ensemble de ces guerres napoléoniennes. C'est le sculpteur Désiré Albert Barre qui la dessinera et la réalisera selon les directives suivantes:






Médaille de St Hélène


1°)Réalisation:profil de l'empereur sur une face et, sur l'autre ce texte: " Campagnes de 1792 à 1815. A ses compagnons de gloire, sa dernière pensée. St Hélène, 5 mai 1821"








Coffret de la médaille


2°) Présentation: elle sera présentée dans une boite de carton au couvercle portant en relief  l'aigle impérial et l'inscription: " Aux compagnons de gloire de Napoléon 1° - décret du 12 août 1857 "








°°°°°°°°°

Une trentaine d'années plus tôt, à Neufchâteau, Matrones et sage-femmes se retrouvent au foyer de Jean Baptiste RUBI en ce débute de mois d'août 1783. Elles s'activent autour de Catherine, son épouse, qui est sur le point d'accoucher. Ces femmes, élues par une assemblée de femmes au sein de la communauté néocastrienne, prodiguent soins et aides à la maman; elles assistent la famille qui attend la venue d'un petit enfant. Ce sera un garçon, prénommé Sébastien, ainsi que le consigne  son acte de naissance en date du 1° août 1783.



Nul encore ne se doute de la vie mouvementée qui sera la sienne, traversée par des moments importants de la vie du pays. 
Il vit ses 6 ans sous la Révolution Française, ses 10 ans sous la terreur, ses 16 ans sous le Consulat et ses 21 ans sous le premier empire. Il connaîtra la restauration,  la revolution de 1830, celle de 1848 et le second empire.

Engagé dans les campagnes napoléoniennes, il participera aux batailles à travers l'Europe, principalement la campagne de 1813, ce qui n'empêchera pas une vie personnelle intense. 


Qu'on en juge un peu:




Mariage RUBI / DARGENT


F Il se marie le 25 décembre 1804 à Rouceux avec Anne Françoise Dargent qui lui donnera 2 filles, Catherine et Elisabeth. Anne Françoise décédera en octobre 1808.






mariage RUBI / BORDET
F   Il se marie en secondes noces avec Marie Gabrielle Bordet le 2 août 1809 à Neufchâteau. Elle lui donnera 5 enfants, Marie Françoise, Reine Claude, Claude, François et Jean Baptiste. Marie Gabrielle meurt en 1834.




mariage RUBI/AGNUS


 F  Il se marie en troisièmes noces à Grand le 16 septembre 1834 avec Libaire Agnus qui lui donnera trois enfants:  Claude Désiré, François Jules et François Alexandre.









Bataille de Leipzig
C'est donc un père de quatre enfants qui participe à la campagne d'Allemagne  ou campagne de Saxe. Cette campagne a lieu après celle de Russie, elle précédera le repli en France. Tout au long de l'année 1813, elle constitue le véritable tournant de la guerre liée à la sixième coalition.


 Après la bataille de Leipzig, la retraite de l'armée de Napoléon vers la France est inéluctable, et les rêves de conquêtes  de l'Europe se transforment en lutte acharnée pour la défense du territoire.


Tenus du 4° léger






drapeau 4° Léger















Rentré chez lui après l'abdication de l'empereur, Sébastien reprendra le cours de son existence avec ses 4 enfants, poursuivant sa vie commune avec Marie Bordet qu'il a épousée en deuxièmes noces en 1809. Cette dernière décède en 1834. Sébastien se mariera en troisièmes noces  avec Libaire Agnus, native de Grand. Il s'installera dans ce village avec toute sa famille.

En résumé, cet homme se sera marié 3 fois et eu 10 enfants !

Il aura exercé différents métiers: tisserand, tissier ou tixier, selon les registres, puis jardinier à Neufchâteau, avant de terminer tisserand à Grand.

Il terminera sa vie en 1870 à Neufchâteau chez son fils, François.



Acte de décès de Sébastien RUBI


Ainsi fut la vie, riche et mouvementée de Sébastien RUBI, qui, pour services militaires accomplis comme soldat dans l'armée napoléonienne, fut médaillé de Saint Hélène sous le Second Empire. 



Arbre descendant RUBI









samedi 18 janvier 2020

1870: Usurpation d'identité à Rouceux !



Qui ne connait pas cette histoire de fausse identité du XVI° siècle au pays basque et du doute de la véritable identité de celui qui se faisait appeler Martin Guerre ?
On pourrait penser que ce fait divers raconté et adapté à l'écran en 1982 avec G. Depardieu et N. Baye est exceptionnel. 










Ce serait oublier l'histoire d'une des filles de Nicolas II, Anastasia, peut être échappée du massacre bolchevique d'Iekaterinbourg et pour laquelle tous les doutes ne sont pas levés. Avec, à l'époque, des désaccords jusque dans le cercle restreint de la famille impériale !





Le travail de fourmi des généalogistes  qui relèvent des actes sur des registres, met parfois en lumière des erreurs, des oublis, voire des substitutions, surtout en périodes de troubles. Les archives montrent, soit de façon explicite, soit au travers de découvertes d'états civils qui ne coïncident pas, des faits troublants qui peuvent laisser penser qu'il y eu usurpation d'identité.





Rouceux 
au XIX° siècle







La famille RENAUX vit au village, rue de la Roche. Le chef de famille, Nicolas Joseph RENAUX, voiturier, a épousé Claire Joséphine COLIN, le 14 janvier 1845 à Rouceux.






Leur acte de mariage précise que les familles RENAUX et COLIN sont des familles de vignerons établies de longue date à Rouceux.
Le couple aura 9 enfants dont Charles né le 2 décembre 1852.






La vie du ménage évoluera parcourant cette période de notre histoire entre monarchie constitutionnelle, deuxième république puis second empire et traversera ces temps d'agitation et de changements de régimes sans conséquences dans ce milieu rural. 




On peut supposer, du reste, que les revenus modestes de manouvrier et de laveuse ne laissent guère de temps à autre chose que de subvenir aux besoins de cette nombreuse famille.



Mais la grande histoire va bouleverser le quotidien de cette famille. Charles est "appelé à l'activité" comme le mentionne son livret militaire. Il doit partir pour rejoindre le 12° bataillon des chasseurs à pied le 15 septembre 1870. 



Il participera aux combats de Gravelotte.
Son bataillon s'empare du village de Vionville qu'il sera obligé d'abandonner à cause des nombreuses pertes qu'il a subies.





Restructuration oblige, il passera au 14° bataillon des chasseurs le 21 septembre 1870. Au moment de la reddition de Napoléon III à Sedan, suivie de la capitulation de Metz, Renaux suit son bataillon en repli sur la Côte d'Or. 


Les troupes sont en marche et choisissent Auxonne comme base pour préparer le combat contre l'armée prussienne. Ce sera la bataille de Dijon du 30 octobre 1870.





C'est à Auxonne que Charles RENAUX est décédé d'un coup de feu accidentel. le 24 novembre 1870. 






Voilà donc l'histoire de Charles RENAUX né à Rouceux, mort à la guerre de 1870 en marge de la bataille Dijon. 






Sauf que . . . 


Charles RENAUX est aussi décédé à Rouceux 
le 3 janvier 1924 !


Que croire?
Voici les faits tels qu'ils sont établis sur les registres:





A Rouceux:









1) Acte de naissance de Charles RENAUX le 2 décembre 1852. Son père Nicolas Joseph RENAUX  /  sa mère Claire Josephine COLIN.
2) Sur le recensement de 1896, il n'y a que la mère, 2 soeurs et 1 frère.





mais Charles apparaît sur les recensements à compter de 1906.



3) acte de décès de Charles RENAUX, fils de Nicolas Joseph et de Claire Joséphine, le 3 janvier 1924 









A Auxonne:













1) Acte de décès de RENAU, chasseur de 2° classe, au 14° bataillon de chasseurs de marche à pied.







2) Jugement du tribunal de première instance de Dijon du 28/12/1875 qui ordonne que "l'acte ci-contre doit être rectifié et complété en ce sens que le défunt y sera dit être Renaux Charles, âgé de 19 ans, né à Rouceux (Vosges ) le 1° décembre 1850 et être le fils de Nicolas Joseph Renaux et Claire Joséphine Colin, son épouse. La présente mention faite par le commis greffier du tribunal". Soussigné: P. Bouvier.





Recrutement militaire:

1) Appelé en septembre 1870 pour le 12° bataillon de chasseurs à pied.
2) Renvoyé dans ses foyers le 10 août 1871 comme soiutien de famille
3) Passé dans la réserve le 10 août 1875
4) Condamné le 14 mars 1877 à 10 jours de prison pour outrage et insultes.
5) Déclaré insoumis le 12 septembre 1879
6) Venu de la réserve active le 10 août 1879
7) A accompli une période de réserve au 43° régiment d'infanterie du 19 au 31 mai 1884
8) Passe dans la réserve de l'armée territoriale le 10 août 1884
9) Duplicata établi le 12 août 1893





  
 Qui est décédé à Rouceux? Qui est décédé à Auxonne?

Pour ce qui des dates de décès, nous sommes en présence de deux actes officiels avec même nom, mêmes parents et dates différentes.
Pour ce qui est d'Auxonne, on peut se demander quelles étaient les raisons de ce décès violent par balle et de ce jugement du tribunal, 5 ans après, pour certifier l'identité du décédé avec dfes informations tangibles.
Pour ce qui est de Rouceux, on constate que Charles ne réapparaît qu'en 1906, soit 35 ans après le décès supposé à Auxonne. Il devait donc être bien difficile, même pour la famille restée sur place, de reconnaître celui qui, parti à 18 ans, n'est revenu à Rouceux qu'à l'âge de 53 ans!
Ajoutons que le frère qui est resté au village est né en 1871, c'est à dire après le départ de son frère pour la guerre.

Pour ce qui est des informations militaires, on distingue deux périodes: la première sans histoires particulières qui va de son incorporation jusqu'en 1871, la deuxième de 1874 à 1884 plus mouvementée où il est question d'insubordination, d'insultes et d'outrages . Il est même déclaré insoumis en 1877! Un peu comme s'il s'agissait de deux individus différents.
Fait troublant supplémentaire, il est renvoyé dans ses foyers le 10 août 1871 comme soutien de famille alors que le père ne décède qu'en 1878!

Alors où et quand est décédé le vrai Charles RENAUX?

A Auxonne, selon  le témoignage de ses camarades de régiment Auguste Leconte , âgé de 25 ans, caporal major et Frédéric Auguste Allemand, âgé de 22 ans, tous deux chasseurs au 14° bataillon de marche?
A Rouceux , selon les témoins Auguste Thiebaut, âgé 53 ans, et Firmin Clément, âgé de 58 ans tous deux gardes champêtres à Rouceux?
Ma préférence irait vers la version d'Auxonne, ne serait-ce que parce que l'identité de Charles RENAUX  y a été confirmée par un tribunal.
Et vous? Qu'en pensez-vous?








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La commission 1870 du C.G.P.J.