Traité de 1870, vote de
l’Assemblée Nationale.

28 janvier 1871. Armistice de la guerre de 1870. C’est le désordre au niveau du territoire français occupé par l’armée allemande qui s’installe en attendant des dommages de guerre que le traité va ratifier. On observe une très grande disparité entre Paris et la province. Paris affiche sa volonté de résistance, alors que la province veut en finir avec la guerre.

Le 16 février, Jules Grévy est porté à la présidence de l’Assemblée, Adolphe Thiers est élu chef du gouvernement. Il obtient carte blanche pour négocier les préliminaires de paix avec Bismarck.
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Jules Grevy |
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Emile Keller |
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Emile Kuss |
Mais Thiers demeure intraitable.
Même la mort subite de Emile Kuss, maire de Strasbourg, terrassé par une crise cardiaque à Bordeaux le 1er mars 1871 et les grandioses funérailles que lui font les Strasbourgeois n’y changeront rien.
Le texte préliminaire sera ratifié par l’Assemblée Nationale réunie le 1° mars à Bordeaux. 546 voix pour, 23 abstentions et 170 voix contre. Parmi ces voix contre ce texte, les 35 députés des territoires cédés à l’Allemagne dans le cadre du traité protestent dans l’hémicycle.

Jules Grosjean, Adjoint au maire de Strasbourg, a la triste charge de lire la protestation officielle ratifiée par les 35 députés :
« Messieurs, je suis chargé par tous mes collègues des départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, présents à Bordeaux, de déposer sur le bureau, après en avoir donné lecture, la déclaration suivante :
« Les représentants de l'Alsace
et de la Lorraine ont déposé, avant toute négociation de paix sur le bureau de
l'Assemblée nationale, une déclaration affirmant de la manière la plus
formelle, au nom de ces provinces, leur volonté et leur droit de rester
françaises. Livrés, au mépris de toute justice et par un odieux abus de la
force, à la domination de l'étranger, nous avons un dernier devoir à remplir.
Nous déclarons encore une fois nul et non avenu un pacte qui dispose de nous
sans notre consentement. La revendication de nos droits reste à jamais ouverte
à tous et à chacun dans la forme et dans la mesure que notre conscience nous
dictera.

L’annexion de L’Alsace et la
Lorraine se fera selon un tracé de frontières âprement négocié par les
émissaires des deux pays, toute une histoire qui fera l’objet d’un prochain
article.
En attendant, on peut imaginer l’impact de ce traité sur les familles de l’est de la France dont le destin a été scellé, d’un trait de plume de géographe dans les bureaux feutrés de quelques ministères. Le choix pour les frontaliers fut terriblement simple. Soit abandonner la nationalité française pour adopter la nationalité allemande; soit quitter ses terres et sa région, abandonner ses biens pour s’installer en territoire français.

Ainsi s'ouvrira le chapitre de l'histoire de ceux qu'on appelle les optants qui a divisé ces familles pendant des années.
En attendant, on peut imaginer l’impact de ce traité sur les familles de l’est de la France dont le destin a été scellé, d’un trait de plume de géographe dans les bureaux feutrés de quelques ministères. Le choix pour les frontaliers fut terriblement simple. Soit abandonner la nationalité française pour adopter la nationalité allemande; soit quitter ses terres et sa région, abandonner ses biens pour s’installer en territoire français.

Ainsi s'ouvrira le chapitre de l'histoire de ceux qu'on appelle les optants qui a divisé ces familles pendant des années.
Déclaration des députés des départements du Haut Rhin, du Bas Rhin, de la Meurthe, de la Moselle et des Vosges.