Aux portes de la Franche-Comté
Comme
tous les ans, le club de généalogie organisait, le 21 mai 2026, sa sortie
culturelle. Pas moins de quarante-cinq adhérents covoiturèrent vers les portes
de la Franche-Comté pour visiter Champlitte, ce très ancien bourg qui fut un
important carrefour entre Bourbonne-les-Bains et Dijon. Nous apprîmes que la
ville en tira une grande prospérité jusqu'au XVIIIe siècle. Pourtant, elle
perdit inexorablement de son importance, jusqu'à ce que l'épizootie du
phylloxéra porte un coup fatal à son économie. Beaucoup d'habitants, ruinés, se
résolurent alors à émigrer vers le Mexique. Aujourd'hui encore, pour commémorer
cet exode, Champlitte est jumelée avec San Rafael-Jicaltepec-Nautla. Outre les
rencontres régulières, ces liens ont permis de maintenir l'enseignement du
français aux enfants mexicains.
Champlitte
possède un riche patrimoine, dont le château qui fait la renommée de la ville.
Au XVIe siècle, sur les bases d'un austère château fort, François de Vergy,
lieutenant général du comté de Bourgogne et comte de Champlitte, le réaménage
dans le style Renaissance, selon des inspirations flamandes qu'il avait
découvertes lors de ses voyages.

Au
fil des années, le château subit de nombreux dommages : quatre sièges, onze
pillages et, enfin, l'incendie de 1751 qui ne laissa subsister que la façade.
Les propriétaires, comtes de Toulongeon, père et fils, le reconstruisirent
alors dans sa forme actuelle en lui ajoutant deux ailes de style néoclassique.
En
1824, la commune de Champlitte racheta le château aux héritiers des Toulongeon
et y installa l'hôtel de ville. En 1957, sous l'impulsion d'Albert et Félicie
Demard, deux passionnés d'histoire locale, le Musée départemental d'Art et
d'Histoire populaire y prit place.
Surpris
par l'anachronisme d'un univers paysan exposé dans un château, le groupe passa
toute la matinée à découvrir les innombrables richesses du monde rural. Au
travers des objets exposés, chacune et chacun purent y retrouver de nombreux
souvenirs personnels. Les commentaires allèrent bon train.
Après la photo souvenir dans les
jardins à la française, recréés sous la direction du paysagiste Marc Lechien en
2008, direction Fayl-Billot pour le déjeuner au restaurant Le Fayl, qui sut
satisfaire avec efficacité les appétits des participants.
Ce
bon moment gastronomique et convivial ne pouvant s’éterniser, il restait à
rejoindre la Maison de la Vannerie de Fayl-Billot, ville reconnue comme la
capitale française de la vannerie. Là, les guides expliquèrent que cette
activité est implantée dans la région depuis plusieurs siècles, car le terroir
permet de cultiver un osier d'excellente qualité, apprécié tant pour sa
robustesse que pour son élasticité.
Longtemps,
la vannerie a constitué une activité économique majeure pour les habitants de
Fayl-Billot et des villages voisins. De nombreuses familles complétaient les
travaux agricoles à la fabrication d'objets en osier. Paniers, corbeilles,
hottes, ruches ou encore paniers de récolte étaient indispensables à la vie
quotidienne, à l'agriculture et au commerce.
Après
la Seconde Guerre mondiale, la concurrence du plastique provoque un important
déclin de la profession. Aujourd’hui, la vannerie ne représente plus une
activité économique majeure. Seuls quelques artisans perpétuent la tradition en
l’orientant vers l’artisanat d’art, le design et les matériaux durables. Mais
aujourd’hui encore, Fayl-Billot demeure le principal centre français de
formation aux métiers de l’osier,
En
effet, l'École nationale d'Osiériculture et de Vannerie, créée en 1905, est la
seule école française entièrement consacrée à l'apprentissage de
l'osiériculture et de la vannerie. Elle forme des professionnels venus de toute
la France mais aussi de l'étranger. Les élèves y apprennent aussi bien la
culture de l'osier que les techniques traditionnelles et contemporaines de
fabrication.

Sous
un soleil ardent, le groupe fut ensuite conduit vers une oseraie afin de
comprendre la culture et l'exploitation de l'osier. Les brins sont récoltés
durant l'hiver, puis « épluchés » et triés selon leur longueur, leur diamètre
et leur qualité. Avant le tressage, ils sont trempés dans l'eau afin de
retrouver toute leur souplesse.


Après
ces explications, un passage à la Boutique des Vanniers s'imposait. Tenue à
tour de rôle par une dizaine d'artisans vanniers, elle permet de découvrir
leurs créations et d'assister à des démonstrations de leur savoir-faire.

Enfin,
la journée se termina par la visite du musée, ultime étape d'une sortie
particulièrement riche en découvertes, qui permit à chacun de mieux comprendre
l'histoire, les traditions et les savoir-faire de ce territoire situé aux
portes de la Franche-Comté.
Merci aux G.O et vivement l'année prochaine.