samedi 18 janvier 2020

1870: Usurpation d'identité à Rouceux !



Qui ne connait pas cette histoire de fausse identité du XVI° siècle au pays basque et du doute de la véritable identité de celui qui se faisait appeler Martin Guerre ?
On pourrait penser que ce fait divers raconté et adapté à l'écran en 1982 avec G. Depardieu et N. Baye est exceptionnel. 










Ce serait oublier l'histoire d'une des filles de Nicolas II, Anastasia, peut être échappée du massacre bolchevique d'Iekaterinbourg et pour laquelle tous les doutes ne sont pas levés. Avec, à l'époque, des désaccords jusque dans le cercle restreint de la famille impériale !





Le travail de fourmi des généalogistes  qui relèvent des actes sur des registres, met parfois en lumière des erreurs, des oublis, voire des substitutions, surtout en périodes de troubles. Les archives montrent, soit de façon explicite, soit au travers de découvertes d'états civils qui ne coïncident pas, des faits troublants qui peuvent laisser penser qu'il y eu usurpation d'identité.





Rouceux 
au XIX° siècle







La famille RENAUX vit au village, rue de la Roche. Le chef de famille, Nicolas Joseph RENAUX, voiturier, a épousé Claire Joséphine COLIN, le 14 janvier 1845 à Rouceux.






Leur acte de mariage précise que les familles RENAUX et COLIN sont des familles de vignerons établies de longue date à Rouceux.
Le couple aura 9 enfants dont Charles né le 2 décembre 1852.






La vie du ménage évoluera parcourant cette période de notre histoire entre monarchie constitutionnelle, deuxième république puis second empire et traversera ces temps d'agitation et de changements de régimes sans conséquences dans ce milieu rural. 




On peut supposer, du reste, que les revenus modestes de manouvrier et de laveuse ne laissent guère de temps à autre chose que de subvenir aux besoins de cette nombreuse famille.



Mais la grande histoire va bouleverser le quotidien de cette famille. Charles est "appelé à l'activité" comme le mentionne son livret militaire. Il doit partir pour rejoindre le 12° bataillon des chasseurs à pied le 15 septembre 1870. 



Il participera aux combats de Gravelotte.
Son bataillon s'empare du village de Vionville qu'il sera obligé d'abandonner à cause des nombreuses pertes qu'il a subies.




Restructuration oblige, il passera au 14° bataillon des chasseurs le 21 septembre 1870. Au moment de la reddition de Napoléon III à Sedan, suivie de la capitulation de Metz, Renaux suit son bataillon en repli sur la Côte d'Or. 


Les troupes sont en marche et choisissent Auxonne comme base pour préparer le combat contre l'armée prussienne. Ce sera la bataille de Dijon du 30 octobre 1870.





C'est à Auxonne que Charles RENAUX est décédé d'un coup de feu accidentel. le 24 novembre 1870. 






Voilà donc l'histoire de Charles RENAUX né à Rouceux, mort à la guerre de 1870 en marge de la bataille Dijon. 






Sauf que . . . 


Charles RENAUX est aussi décédé à Rouceux 
le 3 janvier 1924 !


Que croire?
Voici les faits tels qu'ils sont établis sur les registres:





A Rouceux:









1) Acte de naissance de Charles RENAUX le 2 décembre 1852. Son père Nicolas Joseph RENAUX  /  sa mère Claire Josephine COLIN.
2) Sur le recensement de 1896, il n'y a que la mère, 2 soeurs et 1 frère.





mais Charles apparaît sur les recensements à compter de 1906.



3) acte de décès de Charles RENAUX, fils de Nicolas Joseph et de Claire Joséphine, le 3 janvier 1924 









A Auxonne:













1) Acte de décès de RENAU, chasseur de 2° classe, au 14° bataillon de chasseurs de marche à pied.







2) Jugement du tribunal de première instance de Dijon du 28/12/1875 qui ordonne que "l'acte ci-contre doit être rectifié et complété en ce sens que le défunt y sera dit être Renaux Charles, âgé de 19 ans, né à Rouceux (Vosges ) le 1° décembre 1850 et être le fils de Nicolas Joseph Renaux et Claire Joséphine Colin, son épouse. La présente mention faite par le commis greffier du tribunal". Soussigné: P. Bouvier.





Recrutement militaire:

1) Appelé en septembre 1870 pour le 12° bataillon de chasseurs à pied.
2) Renvoyé dans ses foyers le 10 août 1871 comme soiutien de famille
3) Passé dans la réserve le 10 août 1875
4) Condamné le 14 mars 1877 à 10 jours de prison pour outrage et insultes.
5) Déclaré insoumis le 12 septembre 1879
6) Venu de la réserve active le 10 août 1879
7) A accompli une période de réserve au 43° régiment d'infanterie du 19 au 31 mai 1884
8) Passe dans la réserve de l'armée territoriale le 10 août 1884
9) Duplicata établi le 12 août 1893





  
 Qui est décédé à Rouceux? Qui est décédé à Auxonne?

Pour ce qui des dates de décès, nous sommes en présence de deux actes officiels avec même nom, mêmes parents et dates différentes.
Pour ce qui est d'Auxonne, on peut se demander quelles étaient les raisons de ce décès violent par balle et de ce jugement du tribunal, 5 ans après, pour certifier l'identité du décédé avec dfes informations tangibles.
Pour ce qui est de Rouceux, on constate que Charles ne réapparaît qu'en 1906, soit 35 ans après le décès supposé à Auxonne. Il devait donc être bien difficile, même pour la famille restée sur place, de reconnaître celui qui, parti à 18 ans, n'est revenu à Rouceux qu'à l'âge de 53 ans!
Ajoutons que le frère qui est resté au village est né en 1871, c'est à dire après le départ de son frère pour la guerre.

Pour ce qui est des informations militaires, on distingue deux périodes: la première sans histoires particulières qui va de son incorporation jusqu'en 1871, la deuxième de 1874 à 1884 plus mouvementée où il est question d'insubordination, d'insultes et d'outrages . Il est même déclaré insoumis en 1877! Un peu comme s'il s'agissait de deux individus différents.
Fait troublant supplémentaire, il est renvoyé dans ses foyers le 10 août 1871 comme soutien de famille alors que le père ne décède qu'en 1878!

Alors où et quand est décédé Charles RENAUX?

A Auxonne, selon  le témoignage de ses camarades de régiment Auguste Leconte , âgé de 25 ans, caporal major et Frédéric Auguste Allemand, âgé de 22 ans, tous deux chasseurs au 14° bataillon de marche?
A Rouceux , selon les témoins Auguste Thiebaut, âgé 53 ans, et Firmin Clément, âgé de 58 ans tous deux gardes champêtres à Rouceux?
Ma préférence irait vers la version d'Auxonne, ne serait-ce que parce que l'identité de Charles RENAUX  y a été confirmée par un tribunal.
Et vous? Qu'en pensez-vous?

La commission 1870 du C.G.P.J. 








mercredi 8 janvier 2020

Déjà des "gilets jaunes" au XIX° siècle!!!



Le 2 décembre 1851, Louis Napoléon Bonaparte, Président de la République française depuis trois ans, décide de conserver le pouvoir à quelques mois de la fin de son mandat alors que la Constitution de la Deuxième République le lui interdisait. Pour ce faire, il proclame la dissolution de l'Assemblée Nationale et la préparation d'une nouvelle constitution, favorable à son maintien au pouvoir. 













Si, à Paris, le peuple ne réagit guère pour défendre une assemblée conservatrice qui l’a dépouillé d'une partie de ses droits politiques, ce n’est pas du tout le cas  en zones rurales pour près d'une trentaine de départements.










La résistance s’organise et, dans certains endroits, les républicains prennent les armes et marchent sur les chefs-lieux. Cette résistance menée à Paris ou en province par les républicains, et par des membres du parti de l’Ordre non ralliés est  réprimée par l'armée en quelques jours.







Même si les archives ne témoignent guère de ce mouvement, on pressent derrière les écrits publics et privés un mouvement populaire conséquent et une agitation portée par les ambulants et les colporteurs qui donnaient des nouvelles de village en village. Tout ce qui reste d’officiel de cette agitation populaire, ce sont les sentences des différents tribunaux installés par le pouvoir pour réprimer l’expression du peuple sur le territoire.






Pour revenir à cette année 1851, sur l'ensemble du territoire, plus de 30 000 individus seront arrêtés. Ils se verront inculpés par des commissions établies à cet effet. Cette résistance est présentée comme  jacquerie par la propagande bonapartiste ; elle crédibilise alors rétrospectivement le mythe d’une guerre sociale en préparation qui justifie l’action répressive.

Selon les faits et la clémence de la commission, les sentences varieront de la relaxe à l’exil.




Sur la seule ville de  Neufchâteau, 12 personnes seront concernées. 

Voici ce qu’en disent les procès- verbaux des commissions mixtes départementales qui les ont jugées :

FOURNIER Joseph, 22 ans, né à Neufchâteau, marié 1 enfant, forgeron à Bar le Duc.
Accusation: « coupable d’offenses graves envers le chef de l’état. »
Décision: Relaxé
NEEF Auguste, 23 ans, né à Neufchâteau, célibataire, berger à Semilly (52)
Accusation: « Il a été l’un des organisateurs de la société secrète du canton de St Blin et a fait des recrues pour cette société. »  
Décision: Exilé en Algérie »
VOIGNIER Charles Joseph, 45 ans, né à Neufchâteau, marié, 2 enfants, cordonnier à Paris.
Accusation: « Signalé comme dangereux en raison de l’exaltation de ses opinions. Un poignard et des écrits socialistes ont été trouvés chez lui. »
Décision: Exilé en Algérie
BUFFET Pierre, 40 ans, né dans la Marne, marié, 3 enfants, négociant à Neufchâteau.
Accusation: « Homme exalté. Caractère sombre et violent. A figuré dans toutes les manifestations. Cherchait à exciter les passions  par ses discours exaltés. »
Décision: Eloignement momentané.
CONTAU Charles Gaspard, 50 ans, né à Epinal, marié, 2 enfants, marchand de fer à Neufchâteau.
Accusation: « Considéré comme un des chefs du parti socialiste. Propagandiste. » 
Décision: Surveillance
KROUBERT Antoine Joseph, 50 ans, né à Voyer, département de la Meurthe (54 ), célibataire, ancien directeur de l’école normale, domicilié à Neufchâteau.
Accusation: « Prêtre réfractaire, Etait à la tête du parti socialiste dans l’arrondissement de Neufchâteau. Exerçait une influence pernicieuse sur la classe ouvrière et sur les instituteurs qu’il convoquait pour leur inculquer les mauvais principes. »
Décision: Expulsé.
LIEVRE Charles,  32 ans, né à Langres, marié, 1 enfant, artiste vétérinaire à Neufchâteau.
Accusation: « Agent socialiste actif Sans trop savoir pourquoi, il s’est jeté dans les rangs du parti exalté en prenant part à toutes les réunions démagogiques. »
Décision: Surveillance
RAPIN Charles Auguste Félix, 39 ans, né à Pleuvezain,  marié, 2 enfants, rentier à Neufchâteau.
Accusation: « Socialiste exalté. Cris séditieux et offenses envers le Prince Louis Napoléon. Signalement pour comportement violent. »
Décision: un mois d’emprisonnement, 100 fr d’amende.
VIENNET Jean Baptiste, 29 ans, né dans la Marne, célibataire, caissier de banque à Neufchâteau.
Accusation: « Propagandiste actif logé dans un café de Neufchâteau dont la chambre serait de club où étaient admis des affidés sur lesquels on pouvait compter pour distribuer brochures et journaux qui se colportaient dans les campagnes. »
Décision: internement dans l’Ille et Vilaine 
HUSSON-BRIELLE Charles Antoine, 34 ans, né à Bulgneville, marié, 4 enfants, négociant.
Accusation: « Rejoint les socialistes suite à une banqueroute. Est parvenu à faire de nombreux prosélytes. En relation avec des journaux démagogiques de la Meurthe pour engager une polémique déloyale contre les honnêtes gens de l’arrondissement de Neufchâteau. »
Décision: Internement dans la Mayenne
POUGNY Ambroise Augustin, 47 ans, né à Liffol le Grand, célibataire, juge au tribunal de Chaumont
Accusation: « fait partie des 13 individus accusés de s’être retrouvés dans une salle particulière dépendant du café où se réunissait sans autorisation un cercle de démagogues. »
Décision:  Relaxé
VOIRIN Nicolas Armand, 26 ans, né à Vouxey, célibataire, vigneron à Dolaincourt.
Accusation: « propagandiste très actif dans le canton de Châtenois. Il faisait de fréquents voyages à Neufchâteau et chaque fois en rapportait des journaux et des brochures dont il était donné lecture dans les veillées de ces communes. »
Décision: internement dans le nord



La suite de ce coup d’état, on la connait :
Louis-Napoléon rétablit le suffrage universel masculin, et convoque les Français par un plébiscite les 20-21 décembre 1851 afin de faire approuver son action et les réformes annoncées.
Le 2 décembre 1852, à la suite d'un autre plébiscite, c’est la naissance du Second Empire,  Louis-Napoléon Bonaparte devenant « Napoléon III, empereur des Français ».




Heureusement, ce temps est révolu et il paraît inimaginable, aujourd’hui, que le président de notre République mette en œuvre de telles répressions à l’encontre de l’expression de son opposition. Quoi que…

samedi 28 décembre 2019

2020










2019 s'achève avec tout son lot d'animations et de rencontres autour de la généalogie  et de l'histoire de notre Lorraine.



L'année 2020 s'annonce tout aussi prometteuse.






En attendant la concrétisation des projets en cours, le Cercle Généalogique du Pays de Jeanne vous présente tous ses voeux pour cette nouvelle année.

Que cette année soit une période riche en événements, rencontres et projets collectifs.





Sans compter naturellement de belles découvertes dans vos recherches personnelles !


Le C.G.P.J.

mardi 5 novembre 2019

une amitié singulière . . .

Louis BOULOUMIE





Si le nom de Louis Bouloumié est associé à la naissance  de la société des eaux Minérales de Vittel,







Louis BLANC





Si celui de Louis Blanc est associé à la révolution de 1848 et à la Commune de Paris, 














Rien ne permet de rapprocher l’histoire de ces deux personnes du XIX° siècle que tout semble séparer.


Pourtant…

Jeunesse :


Louis BLANC est né à Madrid en 1811. Il  était fils d'un haut fonctionnaire impérial pendant l'occupation de l'Espagne. Louis Blanc fait de brillantes études au collège de Rodez. Devenu chef de famille à 19 ans, il quitte le collège et se rend, avec son frère, à Paris. Son voyage à Paris coïncide avec la Révolution de Juillet de 1830.  Sur place, après des collaborations à plusieurs journaux, il gagnera sa notoriété politique au journal « la réforme » à travers la « campagne des Banquets ». Cela se terminera par des barricades dans toute la ville de Paris au soir du 22 février 1848. 

Chapelle du cllège Royal de Rodez


Louis BOULOUMIE est né à Rodez en 1812. Il était le fils d’un ingénieur. A la suite de ses études au collège Royal de Rodez, il se rend à Paris pour des études de droit. Il sera procureur du Roi à Bézier, avant de démissionner et reprendre ses activités d’avocat plus conformes à son engagement républicain.


« Les deux Louis » ont donc passé leurs années collège ensemble et en ont gardé une amitié marquée d’une même idéologie républicaine.  Ces liens ont perduré malgré des parcours et des engagements qui, pour différents qu’ils étaient, n’en ont pas moins conservé la trace de leur évolution commune sur les bancs du collège : le rêve d’une république humaine et bienveillante qui ne les a pas quittés.


1848. Revolution de février / II° république

Louis BOULOUMIE défend  37 personnes coupables de troubles politiques devant la cour d’assise de l’Aveyron. Il approuve l’avènement de la II° république qui fait suite à de la destitution du roi Louis Philippe. Il s’engage plus directement dans la vie politique locale et prend part à la révolution de 1848. Il crée le journal « L’Aveyron Républicain », il est élu au conseil municipal de Rodez. On le nomme  commandant de la garde républicaine.

révolte 1848

Louis BLANC travaille au journal « la Réforme » après des collaborations à divers journaux. Il gagnera sa notoriété politique avec la campagne des Banquets défendue dans ses colonnes. Cette campagne se terminera par des barricades dans toute la ville de Paris au soir du 22 février. Louis Blanc devient membre du Gouvernement provisoire de la II° République. 



1851 : coup d’état de Napoléon III


le coup d'état
En violation de la légitimité constitutionnelle de la 2° république, Louis-Napoléon Bonaparte, Président de la République française depuis trois ans, conserve le pouvoir à quelques mois de la fin de son mandat alors que la Constitution de la Deuxième République lui interdisait de se représenter.




La répression s’installe. Sans surprise, Louis Blanc et Louis Bouloumié sont condamnés à la déportation.



Motif de l’exil pour Louis blanc : Aux élections d’avril 1848, victoire des conservateurs. Louis Blanc, soupçonné d’avoir participé à des émeutes en juin 48 ; il doit fuir pour l’Angleterre. En avril 1849, la Haute Cour de justice de Bourges condamne par contumace Louis Blanc et cinq autres inculpés à la déportation. 
   







Motif de l’exil pour Louis Bouloumié : il a pris la défense de prisonniers politiques accusés d’insurrection. Il exprime son opposition au coup d’état et participe à la création d’une commission constitutionnelle qui proteste contre cette violation de la constitution de la II° république  avant d’être lui-même incarcéré à plusieurs reprises. Il sera définitivement condamné et expulsé du territoire français.





commission de jugement
Avis de la commission mixte sur Bouloumié : « Ancien substitut du procureur du Roi à Villefranche et à Rodez, possesseur d'une belle fortune. Homme intelligent, insinuant, parlant bien, faux et intrigant, le plus adroit des chefs du parti démagogique à Rodez, l'un des gérants du journal L'Aveyron républicain où se retrouvait l'esprit astucieux de cet inculpé. . . . . A fait partie de la commission dite constitutionnelle et a signé en cette qualité la protestation insurrectionnelle. »





L’exil


Louis Bouloumié doit partir en exil pour l’Algérie Compte tenu de son état de santé, le gouvernement accédera à sa demande de s’installer en Espagne. Il sera autorisé à rentrer en décembre 1852. Pour ce faire, il dut écrire une lettre d’allégeance au pouvoir afin d’obtenir cette grâce qui lui permettra de rentrer en France. 





Louis Blanc demeurera plus de 20 ans en Angleterre où il organisera une certaine opposition avec d’autres républicains. Il refusera l'amnistie accordée en 1859 par le gouvernement de Napoléon III qu'il ne reconnaît pas.




Après l’exil

Louis Bouloumié, de santé fragile, a fait de nombreuses cures à Contrexeville. Sur les conseils d’un docteur de la cure, le docteur Baud, Louis Bouloumié s’était mis à utiliser l’eau de Vittel pour se soigner. Soit il se rendait à Vittel, soit il faisait revenir à Contrexeville de l’eau de Vittel pour ses soins. Jusqu’au jour où son propriétaire, le père Rifflard, lassé des allées et venues des curistes dans son pré, a accepté de vendre cette source Gérémoy, participant ainsi à l’acte de fondation de la Société des Eaux de Vittel.





La Commune
Louis Blanc, quant à lui, ne rentrera en France qu’à la défaite de Napoléon III. Il se fera défenseur de la Commune face aux répressions du pouvoir en place. En 1871, il sera élu député sur les listes électorales de l’union républicaine  aux côtés de Clémenceau.









Voici donc deux hommes, issus de la  bourgeoisie provinciale du XIX° siècle. Une jeunesse commune et deux parcours différents teintés d’un idéal républicain partagé. Seuls les aléas de la vie ont fait la différence.







Le destin de Louis BOULOUMIE aurait-il été le même si la maladie ne l'avait pas conduit à Contrexeville puis à Vittel ? 

L’engagement de Louis BLANC aurait-il été différent s’il ne s’était pas trouvé en charge de famille très jeune à la mort de sa mère ?  


mercredi 16 octobre 2019

GRAVELOTTE et SCY-CHAZELLES



Sortie du Cercle Généalogique du Pays de Jeanne.

Le C.G.P.J. a organisé sa sortie annuelle début octobre.
Direction la Moselle.



Notre cercle a commencé à travailler pour le cent-cinquantième anniversaire de la fin de la guerre de 1870. A terme, nous devrions pouvoir proposer au public une exposition dont le contenu reste à peaufiner.





En attendant, pour se familiariser avec le sujet et en découvrir des aspects inattendus, nous avons décidé de visiter la musée de Gravelotte sur la guerre de 1870.


Au programme donc, musée Robert Schuman le matin, musée de Gravelotte l’après-midi.



10H00 : Accueil du groupe au musée de Scy-Chazelles pour une visite libre des locaux dans un premier temps qui a  permis aux membres du groupe de replonger dans la naissance de l’Europe au gré des actions et des textes de Schuman. Puis visite du jardin et de la chapelle qui a accueilli la dépouille de Schuman. Ensuite visite guidée de la maison attenante qui nous fait entrer dans ce qui fut son univers quotidien.



















notre restaurant



12H00 : Le repas est pris en commun à Gravelotte dans un restaurant à proximité du musée qui nous a servi un repas apprécié de tous.









14H00 : notre guide nous attendait à l’entrée du musée pour une visite qui nous a captivés. Tout d’abord une explication sur la présentation sans artifice et sans mannequin pour que l’attention du visiteur ne soit mobilisée que par objets sobrement présentés artifice. Ensuite un descriptif sur les différents uniformes, l’utilité et le sens des couleurs, des décorations et des structures. 

Viennent ensuite des explications sur les batailles et leurs représentation picturales  avant d’aborder le chapitre mosellan de l’annexion avec son quotidien et ses conséquences individuelles ou collectives. Bref, une bonne synthèse de cette période avant que chacun ne prenne un temps personnel pour approfondir un aspect du musée s’il le souhaitait.







La visite s’est achevée avec, pour tous, le sentiment d’une journée riche en découvertes, agrémentée de moments diversifiés et bien rythmés conformément au programme et aux objectifs de départ.