dimanche 21 mars 2021

BUHLER, Un électron libre au sein de l’armée au XIX° siècle

 


Aux origines.

Charles Frédéric est né à Stains le 26 janvier 1826. Il est le fils de Charles Frédéric, jardinier et de Anne Sirée Prévot.




Il se présente au centre de recrutement de la mairie du X° arrondissement de Paris à l’âge de 20 ans. Il signe pour 7 ans au 4° de Hussards et part prendre ses quartiers à Lunéville en avril 1848.

Il suivra son régiment dans déplacements d’une ville de garnison à une autre, marquant la présence militaire sur le territoire français au fil des décisions gouvernementales. Sedan, Givet et Rocroy en 1849, Haguenau en 1850.



 




Répressions en France

1851, année du coup d’état du Prince Président qui devient Empereur à la suite d’un référendum contesté.

Rappelons les faits. En violation de la légitimité constitutionnelle, Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République française depuis trois ans, conserve le pouvoir alors que la Constitution de la Deuxième République le lui interdisait. Pour ce faire, il dissout l'Assemblée nationale, rétablit le suffrage universel masculin, convoque les électeurs pour adopter une nouvelle constitution.

Dans une trentaine de départements, les républicains organisent la résistance et marchent vers les chefs-lieux. Le 4° de Hussards est envoyé dans le sud contre des colonnes républicaines bien mal armées.


L’historique du 4° de Hussards note : « A Béziers, le régiment fut obligé de charger dans les rues de la ville pour dissiper les bandes qui venaient assaillir la sous-préfecture. Autour d'Avignon, il fut chargé de fournir des patrouilles qui eurent plusieurs fois avec la population soulevée, des rencontres dans lesquelles le sang coula. "

 



Première campagne

1854. Les quatre premiers escadrons du 4° de Hussard sont mobilisés et se mettent en route pour Marseille le 31 à l'effectif de 33 officiers, 667 sous-officiers et cavaliers. Direction l’Orient pour une guerre franco-britannique contre les manœuvres russes à Sébastopol Constantinople. Le maréchal des logis Buhler rejoint son unité en Bulgarie le 7 juillet.


Le 4° de Hussards se distinguera sur les bords de la Tchernia,  au siège de Sébastopol puis à la bataille de Kanghil. Il recevra pour sa bravoure la "Médaille de S.M. la Reine d'Angleterre", plus connue sous le nom de Médaille de Crimée.

Il fait valoir ses droits à congés renouvelable et devient garde forestier, mais pas pour longtemps puisqu’il se réengage pour 7 ans au sein des Chasseurs à Cheval de la Garde Impériale en octobre 1856. Il reprendra très vite ses galons et deviendra adjudant vaguemestre peu de temps avant la guerre de 1870.

 



Début de la guerre de 1870.




A compter de juillet 1870, les chasseurs de la garde font partie de l’armée du Rhin et participeront à la défense de Metz suivie de sa capitulation. Buhler sera fait prisonnier au camp prussien d’Ars-Laquenexy d’où il s’évadera « sous une grêle de balles ! »








C’est avec une petite troupe de partisans de 30 hommes que le lieutenant Buhler, ancien adjudant vaguemestre des chasseurs à cheval de la garde, arrive à Lamarche pour rejoindre ce camp de francs-tireurs dont la réputation de loin les confins de l’Ouest Vosgien.

Quel soldat pittoresque que ce vieux brave qui a essuyé tant de campagnes bien loin de son pays,  évadé de Metz pour continuer à se battre avec des compagnons de fortune !

Voici quel était l'accoutrement de ce major de 44 ans accueilli par Victor Martin et son état major du camp de Boëme : « il était habillé d’un uniforme d'adjudant de chasseurs à cheval de la garde, sauf qu'il portait des chaussons et des sabots en place de bottes, qu'il avait un long pardessus d'hiver bourgeois en drap marron et un chapeau mou gris, à larges bords, comme un mousquetaire. »



Le trublion du camp des Francs-tireurs.

De tels états de service ne pouvaient que servir la cause des francs-tireurs. Mais c’était sans compter un caractère bien trempé digne de l’expérience d’un soldat malmené et endurci par les champs de bataille qu’il a traversés.  Buhler et ses hommes ont mis en péril bien des expéditions du camp faute de s’en tenir aux consignes

Un exemple : En préparation des combats de Lamarche du 12 décembre, Buhler avec 30 hommes, avait pour mission de tenir position près du bois de la Fourrée pour débusquer les Allemands qui voudraient passer. Lorsque les Prussiens pénétrèrent effectivement dans le bois au point où devait se trouver le lieutenant Buhler, avec ordre de résister jusqu'à l'arrivée des autres compagnies, ce lieutenant, supposant que l'attaque aurait lieu plus à droite, avait cru devoir modifier sa place dans le champ bataille sans en avertir son état-major. De sorte que, quand l'ennemi arriva par les bois, il fut promptement débordé par des forces considérables et dut se replier, après un échange de quelques coups de feu, abandonnant ainsi la forêt aux Prussiens qui s'y ruèrent en masse déstabilisant sérieusement le dispositif arrêté la veille par l’état-major du camp.




Un deuxième exemple : au cours d’une autre mission, Buhler entreprit avec ses hommes une marche sur Nancy sans coordination avec le camp. Bien que d’une rare audace, cette marche faillit mettre en danger l’expédition de sabotage de la ligne Strasbourg/Paris montée par Victor Martin et son comité militaire, à la demande du gouvernement provisoire. A plusieurs reprises, Buhler et ses hommes se retrouvèrent sur l’itinéraire de cette expédition, compromettant la discrétion des colonnes du camp en route pour Fontenoy. Tout d’abord à Châtenois où Buhler reçut fermement l’ordre du commandant Coumès de quitter les lieux. Puis à la ferme de Hayevaux où le commandant Bernard tança vertement Buhler de quitter les lieux de de faire s’il le souhaitait diversion en direction de Neufchâteau.

On peut considérer que durant toute cette période, l’adjudant Buhler et ses hommes ont accompagné en électrons libres les colonnes de francs-tireurs sans en accepter totalement l’autorité et en appliquant les ordres avec beaucoup de libertés.

 

Après guerre

Buhler et ses hommes rentreront au dépôt de leur régiment à Valence. Ce régiment, devenu 13° chasseurs à cheval, prendra la direction de Libourne. L’adjudant Bühler regagnera le dépôt de Valence en février 1871. Il sera nommé officier de la légion d’honneur en 1872. Il quittera définitivement son régiment en 1873. On perd sa trace et excepté quelques éléments de recherches qui nous conduisent à Brignols où on retrouve trace de son  domicile en 1872. Il semble qu’il ait coupé les ponts avec son passé puisque sa sœur, Elisa Victoire, le recherche en 1876 alors qu’il est domicilié au 16 Rue Juge, Grenelle Paris XV°.





 

C’est avec ce type de portrait, pas toujours conventionnel, mais haut en couleurs, qu’on peut imaginer l’allure militaire, la bravoure des soldats, le tempérament des individus et l’impact des actions ciblées de cette armée de francs-tireurs faite de bric et de broc, qui a mis en échec l’armée prussienne aguerrie durant plus de trois mois dans l’Ouest Vosgien.



 


 

J. Voirin, Président du Cercle Généalogique du Pays de jeanne

vendredi 5 février 2021

Le destin d'une femme en 1870, Tony LIX

 Marie Antoinette LIX. Elle a vu le jour au 76 de la Grande Rue à Colmar le 31 mai 1839. Son père, François Antoine LIX, de Dambach la Ville, était aubergiste; sa mère, Françoise, née Schmitt était native de Bergheim.   

acte de naissance


L'enfance:


maison natale
Elle n'avait que 5 ans lorsque sa mère mourut. Son père, habitué des pratiques militaires qui furent les siennes avant de devenir aubergiste à la Pomme d'Or à Colmar, décida de lui apprendre l'exercice militaire, l'art de l'escrime et la méthode pour se tenir solidement à cheval. Cette façon d'élever un enfant et, qui plus est, une fille qui répondait plus au prénom de Tony qu'à ses prénoms de baptême devait lui attirer bien des remarques de la part de son entourage. 





A tel point qu'il dut consentir à se séparer  de Tony pour la faire admettre à l'Institution des Soeurs de la Divine Providence à Ribeauvillé. 


Pas facile pour cette fillette de changer du jour au lendemain de mode de vie et de se plier aux règles strictes de la pension d'en accepter la discipline et d'n suivre les règles religieuses. Mais c'est cette éducation religieuse qui sera qui sera déterminante dans la vie de Marie Antoinette.



Institution des Soeurs de la Divine Providence

Parce que cette institution lui ouvrira les portes de son entrée dans la vie active.

Parce que toute sa vie durant, Marie Antoinette sera attentive à respecter et à appliquer les préceptes religieux reçus auprès des soeurs.


La Pologne.

Ses études sont terminées. La mère supérieure de l'Institution de Ribeauvillé la présente à une famille de nobles polonais quie est à la recherche d'une préceptrice française. La rencontre de Marie Antoinette avec la famille Lubienski se fait à Paris, à l'hôtel Lambert, résidence des Czartoryski.

Hôtel Lambert à Paris


insurrection en Pologne
Quelques temps après, elle part pour le château de Sycz en Pologne où elle rejoint la famille Lubienski. Elle exercera auprès des enfants le métier d'enseignante pendant 7 ans.



Elle partage son temps avec deux autres préceptrices, anglaises et allemandes qui quitteront la Pologne dès l'invasion russe de 1863. 




M W Lubienski
Marie Antoinette, qui s'est liée d'amitié avec Maria Wanda Lubienski, restera en Pologne et s'engagera auprès de la famille de ses hôtes durant cette période sensible.




Au plus fort des troubles en Pologne,  elle vit l'insurrection et le début du mouvement de soulèvement de la noblesse.  Mieux même, elle participe à ce soulèvement. Pour aider les opposants polonais, elle n'hésite pas à se faire passer pour un homme. C'en est fini de la jeune fille au pair dans une famille respectable. Forte des enseignements militaires de son père, elle trouve sa place et répondra désormais au nom de Tony, lieutenant de hussards. Elle se battra contre les Russes qui parviennent à la capturer lors d'une embuscade. Son identité découverte, ils l'expulsent de Pologne en sa qualité de Française ainsi que l'atteste le passeport qu'elle détient.

Groupe d'insurgés Polonais


De son retour en France on retiendra qu'elle fut atteinte du choléra qui sévissait dans l'hexagone. C'est donc une convalescente bien affaiblie qui arrive à Lamarche et qui s'installe comme receveuse des postes.



 

Reçue par Victor Martin au camp de la délivrance



Durant ses tournées, elle entend parler de la  déclaration de guerre puis des revers essuyés par les armées françaises au front. Les démarches qu'elle entreprend pour se faire admettre dans l'armée régulière demeurent sans réponse: il n' y a pas de place pour une femme dans les rangs de l'armée française, même avec des états de service élogieux! Ses démarches demeurant vaines, elle s'obstine et parvient à contacter des francs-tireurs grâce à son activité dans les postes. En septembre 1870, elle est donc accueillie au sein de la compagnie de la Délivrance par Victor Martin et son comité. Là, au milieu des francs-tireurs de Lamarche, elle a enfin été acceptée comme femme militaire et intégrée au sein d'une compagnie au grade qui est le sien passant de lieutenant de hussards à celui de lieutenant de la Délivrance.



Ce premier mois de service s'est limité à des marches, des reconnaissances et du renseignement, autant de travail préparatoire aux actions à venir. Mais elle ne participera pas aux actions du camp de Lamarche car son unité se retrouvera rassemblée avec d'autres à la Bourgonce. Ce furent les premiers regroupements d'unités éparses qui devaient constituer par la suite l'armée de l'Est. En attendant cette réorganisation, notre compagnie de francs-tireurs de Lamarche sous les ordres du lieutenant Tony repousse la charge d'un escadron de cavalerie badoise sans qu'on sache, à un certain moment qui allait rester maître du terrain. 


Service ambulance
Fin octobre, à force de réorganisations des armées par le gouvernement provisoire, la compagnie doit passer sous le commandement de Garibaldi. Le lieutenant Tony, fidèle à ses opinons religieuses, refuse de passer sous les ordres de celui qui avait combattu les états pontificaux lors de la guerre pour l'unité italienne. Elle intègre donc un service des ambulances jusqu'à la fin du conflit.



Après la guerre

Si elle a reçu quelques reconnaissances pour sa bravoure, ce ne fut certes pas à la hauteur de ses exploits! Médaille d'or première classe par de l'intérieur, médaille de bronze par la société d'encouragement au bien. Mais de toutes ces distinctions, celle qui l'a le plus touchée, ce fut sans aucun doute l'épée d'honneur offerte par les Dames d'Alsace. Tout un symbole avec sa poignée en argent qui représente l'Alsace se libérant de ses chaines et sa lame portant d'un côté les mots suivants: "Les Alsaciens à leur vaillante compatriote Mlle Lix, en souvenir de la guerre 1870-1871." Cette épée est aujourd'hui visible au musée des armées où elle a été léguée par un décret de 1911.



La guerre finie, elle retrouve son travail à la poste de Lamarche pour quelques années avant d'accepter de prendre en charge un bureau de tabac à Bordeaux. En 1881, on retrouve sa trace à Paris cette fois, où elle est signalée comme "partageant avec une autre demoiselle un appartement appartenant à l'Institution des Soeurs de Notre Dame de Sion, 71 rue Notre Dame des Champs."


Rue Notre Dame des Champs Paris



C'est le temps de la réflexion et de l'écriture, interrompu par des déplacements et des dédicaces comme à Lamarche où elle signa la dédicace de son premier livre: " Aux Alsaciens exilés." en 1883. Durant cette courte carrière d'écrivain, elle aura tout de même le temps d'écrire 4 livres à caractère essentiellement patriotique.






Elle quittera Paris en 1886. A l'issue de cette coutre période d'écriture entrecoupée de traductions diverses qui lui permettront d'assurer son quotidien, elle songe à se retirer à l'hospice de St Nicolas de Port en 1897.





Elle décédera le 14 janvier 1909 et sera inhumée  dans le cimetière de St Nicolas de Port sans avoir eu la joie de voir sa chère alsace libérée.



 













jeudi 17 décembre 2020

Etat Civil de communes de la CCOV il y a 300 ans

 C’était il y a tout juste 300 ans




Billet Law

1720, Louis XIV est décédé depuis 5 ans et nous sommes sous la régence de Philippe d’Orléans en attendant que louis XV n’accède au trône. C’est cette année là que le système financier dit Law, tendant à préférer la monnaie papier à la monnaie métallique s’effondre. 







En cette fin de 1720, le parlement de Bretagne est en feu suite à la négligence d’un menuisier ivre qui a mis le feu à son atelier avec une bougie tombée sur des copeaux.  L’incendie durera de 23 au 29 décembre.

incendie


A Neufchâteau, c’est l’époque où l’église décide de s’en remettre à Saint Elophe et à Sainte Libaire pour conjurer une sécheresse persistante en organisant deux processions depuis Soulosse et depuis Grand qui se rejoignent à Neufchâteau  en attirant un nombre impressionnant de fidèles venus des villages environnants.


Dans les villages de la CCOV

Pas de médecin de famille, pas de maternité. C’est en général à domicile que la femme donne naissance à ses enfants. Chez les plus pauvres, on accouche fréquemment à l’étable : les bêtes familières y donnent une chaleur régulière et la paille est facile à nettoyer.  L’atmosphère est d’autant plus facile à imaginer que la maison était souvent organisée autour d’une pièce qui servait à recevoir, cuisiner et dormir, proche de la grange qui accueillait les animaux. Sombre, confiné, avec un sol souvent en terre battue, ce lieu n’a rien à voir avec  les salles de maternités d’aujourd’hui opérationnelles, claires et confortables.



Bazoilles sur Meuse

René, fils de Claude et de Jeanne Mourot s’est marié le 25 juin 1715 à Bazoilles avec Anne Maillard, fille de Jean et de Marguerite Pierson.

Quatrième enfant de cette fratrie, René est né le 2/12/1720.

«  René, fils légitime de René Thouvenin et d’Anne Maillard , est né le troisième jour de décembre 1720 et a été baptisé le même jour par moi, curé soussigné. Il a eu pour parrain René Maillard et pour marraine Marie Anne Thouvenin, tous deux de la paroisse de Bazoille qui ont déclaré ne savoir signer. »




Rebeuville :

Dominique Guénard, fils de Nicolas et de Catherine Georges s’est marié le 14 septembre 1717 à Vouxey avec Anne Barrat.

De cette union est né Claude le 21/12/1720.

« Claude, fils légitime de Dominique Guenard et de Anne Baret son épouse de l’Etanche est né le vingt et un décembre de l’année 1720 et a été baptisé le 22 du même mois et année. Il a eu pour parrain Claude Lionne et pour marraine Anne Platou tous deux de l’Etanche. »



Châtenois :

Joseph Garon, fils de Humbert Garon et de Jaquate Florichan est née le 23/12/1720

« Joseph, fils légitime de Humbert Garon et de Jaquate Florichan ses pères et mères est née le 23° de décembre mil sept cent 20 et a été baptisée les mêmes jour , mois et an du dit vingt et a eu pour parrein Joseph Mangin et pour marreine Damoiselle Catherine Guenel, veuve de Louis Sylvestre lesquels ont signé avec moy. »




Brancourt :

François Mahalin, fils de Nicolas et de Elophe Drouot s’est marié le 37 juillet 1710 avec Jeanne Claudot, fille de Didier et de Elophe Climonet.

De cette union est né Claude Thomas le 22/12/1720.

« Claude Thomas, fils légitime de François Mahalin et de Jeanne Claudot son épouse est né le 22° jour du mois de décembre de l’année 1720 et a été baptisé le vingt troisième jour des dits mois et an. Il a eu pour parrain Claude Eurié de cette paroisse et pour marraine Gabriel Pierrot de la paroisse de Rupes qui ont signé avec moy. »




Greux :

Jean Villard, fils de Mathieu et de Marguerite Vriot, s’est marié avec Anne Agnus, fille de Demende et de Suzanne Hette, le 11 février 1716 à Goussaincourt.

De cette union est née Anne le 22/12/1720.

« Anne Villard, fille légitime de Jean Villard et de Anne Agnusse, son épouse, paroissiens de Greux est née le vingt deux et a été baptisée le même jour. A eu pour parin Pierre Agnusse et pour maraine Anne Gros Jean . »




Neufchâteau :

Claude Rouyer, fils de Louis et de Elisabeth Regnier, s’est marié avec Françoise Robillot, fille de Claude et de Barbe Jaquot le 28 mars 1707 à Neufchâteau.

De cette union sont nées Anne et Jeanne le 22/12/1720.

« Anne et Jeanne, filles légitimes de Claude Rouyer et de Françoise Robillot, son épouse de cette paroisse sont nées le 22 décembre 1720. Elles ont été baptisées le vingt-trois du même mois et an. Anne a eu pour parrain Claude Richard et pour marraine Anne Belosse et Anne a eu pour parrain Claude Deschamp et pour marraine Margueritte Délouvrot  les sudittes marraines ayant déclaré ne savoir signer »



Liffol Le Grand :

Jean Bertrand, fils de Nicolas et de Libaire Mollet s’est marié avec Marie Barbe Lafosse, fille de Hilaire et de Barbe Piraux  le 9 novembre 1717 à Liffol le Grand.

De cette union est née Anne le 24/12/1720.

  « Anne fille de Jean Bertrand et de Marie Barbe Lafosse, son épouse est née le vingt- quatre décembre 1720, a été solennellement baptisée par moy soussigné le même jour et a eu pour parrain Jean Vincent et pour marraine Anne Léonard. »

Elle s’est mariée avec Jean Vincent Buron le 14 septembre 1743 à Liffol le Grand. Elle est décédée le 2 juin 1801 à Liffol.



Balleville :

Jacques Ferÿ, fils de Jean et de Maria Lecoup, s’est marié avec Françoise Thérèse jeandin, fille de Jean et de Anne Paquet, le 29 novembre 1719 à Sandaucourt.

De cette union est né Jacques Nicolas le 26/12/1720

« L’an 1720, le jour de Noël, en l’église paroissiale de Balléville fut baptisé Jacques Nicolas, fils de Jacques Ferÿ et de Françoise Thérèse Jeandin, ses père et mère de Balléville  Le parrain a été Anthoine Merlot au lieu et place du Saint Curé soussigné et la marraine Marie Montmonceau femme à Etienne  Du Fresne aussi de Balléville qui ont signé avec moi curé de la dite paroisse le dit jour. »

L’enfant est décédé le 4 mars 1721 à Balléville.



Comment s’imaginer ces venues au monde ?



Rappelons que ces naissances ont lieu d’ordinaire à la maison, dans un espace quotidien. Le plus souvent dans la pièce commune, c’est-à-dire la seule où il y a une cheminée. A l’aide d’un grand feu de bois, on maintient la chaleur, essentielle à la mère et à l’enfant. Cette pièce est calfeutrée, interdite aux hommes, aux enfants et aux mauvais esprits. La matrone est là. C’est une personne de la communauté villageoise qui a été élue à l’église par le conseil de fabrique au cours d’un office religieux. 








Elle est agréée par le curé et elle  organise l’accouchement. En cas d’urgence, elle procédera à l’ondoiement du nouveau-né.







A chaque naissance, c’est l’affaire de toutes les femmes du village. Parentes, amies, voisines,
  toutes sont là sans invitation formelle pour prodiguer conseils et commentaires à la matrone et à l’accouchée, contrairement à aujourd’hui où l’évènement est devenu très intime. Et elles reviennent les jours suivants, pour aider, conseiller et s’assurer que tout se passe bien.




En cette fin de l’année 1720, l’environnement de la venue au monde d’un enfant demeurait bien rudimentaire  de sorte que, pour les gens des XVIIe et XVIIIe siècles, la naissance de l’Enfant Jésus est moins extraordinaire qu’il n’y paraît.

 



jeudi 3 décembre 2020

 



C’était il y a 150 ans, 1870, Le combat de Lamarche.

Il y a tout juste 150 ans, le 11 décembre 1870 à 10H00 du matin commençait le combat des Fourches dit aussi combat de  Lamarche opposant un détachement de l’armée prussienne aux francs-tireurs du Camp de la Délivrance.



La veille de la bataille.

Depuis quelques temps déjà, de nombreuses escarmouches éclataient dans cette plaine que le début de l’hiver rendait hostile. Et c’est le 10 décembre 1870, alors qu’elle avait été attaquée à Dombrot le Sec, qu’une colonne de Prussiens venant d’Epinal décidait de poursuivre sa progression sur Lamarche. Embusqués dans une campagne qu’ils connaissaient bien,  Les éclaireurs de l’Avant-Garde de la Délivrance en surveillaient chaque mouvement pour rapporter le maximum de renseignements sur l’ennemi aux francs-tireurs repliés sur Lamarche. On tient donc conseil de guerre le soir de ce 10 décembre pour savoir comment venir à bout de cette colonne, forte de 1100 hommes, qui bivouaquait pour la nuit à Frain à quelques 8 kilomètres de là.




Les préparatifs du comité présidé par le sous-préfet Martin

 Certes, avec seulement 300 hommes,  sans artillerie ni cavalerie, ce sera difficile de tenir position face à l’ennemi. Alors, jusque tard dans la nuit, on discute, on échafaude et on arrête la stratégie qui devrait venir à bout du détachement prussien. Le rôle de chacune des compagnies est défini et un plan d’attaque précis est communiqué à chacun des commandants de compagnie ou de section :

Le lieutenant Buhler se rendra au Bois de la Fourrée tandis qu’un détachement de la compagnie du lieutenant Coumès prendra position au  poste de la Tuilerie. Le reste de cette compagnie se déploiera entre le Mont des Fourches et le Mont St Etienne. La compagnie du capitaine Bernard assurera les accès à Lamarche. Les compagnies du sous-lieutenant Rambaux et du capitaine Grégoire assureront les stratégies de replis en fonction de l’évolution des combats.



Le 11 décembre au matin

Dès 10 H. du matin, les premiers Prussiens apparaissent sur la route de Mirecourt à la hauteur du Bois de la Fourrée. Le plan échafaudé par le comité va fonctionner comme prévu. Mais hélas, c’était sans compter sur l’impétuosité du lieutenant Buhler qui, n’en faisant une fois de plus qu’à sa tête, rompt les consignes et, au lieu d’attendre l’arrivée de la colonne prussienne sur la route de Mirecourt, se déporte plus à droite vers un petit bois isolé qu’il suppose menacé par l’ennemi. Naturellement, la colonne prussienne qui arrivait de Frain par la route  se déploie sans obstacle dans le bois de la Fourrée, plongé dans un épais brouillard et recouvert d’une fine couche de neige. Très vite les soldats ennemis  débordent  le dispositif global des francs-tireurs. Vainement, Buhler essaie de revenir sur sa position initiale mais il doit faire face à des conditions météo difficiles et le déferlement des troupes prussiennes en bon ordre de bataille est tel qu’il ne peut être contenu. Les Prussiens se ruent vers le bois et l’occupent avant que les  compagnies du Camp de la Délivrance ne puissent y prendre position.  

L’affaire s’engage bien mal car l’ennemi, dès le début prend l’avantage, à la fois au niveau moral et au niveau topologique.




L’exploit après un combat bien mal engagé

Fort heureusement, le capitaine Bernard et le lieutenant Coumès, malgré le brouillard,  se rendent compte du mouvement des soldats de Buhler et de la faiblesse de leurs lignes. Ils rassemblent leurs hommes en embuscade et les disposent de façon judicieuse derrière les moindres bosquets, monticules ou accidents de terrain. Ainsi disposés au Mont des Fourches, ils offrent un front de bataille qui va surprendre les Prussiens dont ils perçoivent dans le givre et le froid les silhouettes furtives et inquiétantes qui s’approchent.

Dès que les chefs en donnent l’ordre, les francs-tireurs ouvrent un feu nourri qui surprend l’ennemi. Une fusillade impressionnante est engagée de part et d’autre et les Prussiens essayent de jouer sur leur nombre pour passer en force ! Mais leurs efforts sont vains face à une barrière de feu des soldats français d’autant plus efficace que les troupes prussiennes progressent en rangs serrés pour forcer le front par leur avantage numérique. Plus de vingt fois, selon des témoignages, les Prussiens reculent pour repartir à l’offensive. Si bien que, à force d’assauts répétés, les lignes françaises se rompent. Dans un dernier sursaut, les francs-tireurs, aux cris de « à la baillonnette ! » parviennent à retarder l’ennemi, ce qui permet aux compagnies de la Délivrance de se dégager de l’encerclement que les Prussiens projetaient de mettre en place.


 

Le retrait des Francs-Tireurs

Les compagnies Coumes et Bernard se replient en bon ordre sur Lamarche assurés dans leurs mouvements par les compagnies Rambaux et Grégoire. Il était temps car le nombre des soldats prussiens arrivés sur site augmentait et d’autres cavaliers ennemis étaient annoncés.  Cette retraite en bon ordre permit aux différentes compagnies de rejoindre le Camp de la Délivrance malgré la fatigue, dans la neige, le froid et le brouillard. Sans trop de difficultés parce qu’ils furent guidés dans leurs différents itinéraires par les gardes forestiers qui ont fait preuve d’une excellente connaissance des chemins et des sentiers aux alentours de Lamarche. Durant cette retraite, les soldats sont parvenus à sauvegarder un maximum de leur matériel qui fut également rapatrié sur le camp. Dans les jours qui suivirent, le bilan de l’opération fit état d’une quinzaine de morts. Tous les blessés ont été rapatriés sur Lamarche par l’ambulance.

Le décès de 7 soldats du corps franc sont enregistrés sur les registres de l’état civil de Lamarche : Joseph Baudot, de la compagnie Coumes, Jules Fourot, Eugène Jacob, Jean Charles Rauch et ? Gallois de la compagnie de partisans, Fréderic Ieminard et Emile Murjas  de la compagnie Grégoire du Gard

acte décès de Joseph BAUDOT



 acte décès de Jules FOUROT



acte de décès de Eugène JACOB



acte de décès de Jean Charles RAUCH




acte de décès de  ?  GALLOIS



acte de décès de Frédéric Iéménard



acte de décès de Emile Murjas



Côté prussien

A la suite des combats, les Prussiens se sont rapprochés du village de Lamarche en fin de journée, sans toutefois y pénétrer rapidement car ils se méfiaient d’éventuels francs-tireurs restés en embuscade dans le village. Ils occupèrent les axes routiers menant à Lamarche tandis qu’une bonne partie de l’artillerie restait en dehors. Leurs craintes étaient telles que  de nombreuses sentinelles restèrent en faction pour parer à tout de danger.

Leur  bilan des pertes était lourd ; environ 150 hommes blessés, emportés sur des charrettes en direction d’Epinal selon le témoignage de villageois.

Le commandant prussien exigea de la ville de Lamarche une contribution de guerre de 300 000 fr mais n’en perçut que 5500 fr car, craignant une riposte des francs-tireurs,  il donna l’ordre de se rapatrier sur Epinal avant d’en percevoir la totalité.

Mission accomplie pour les francs-tireurs du Camp de la délivrance qui viennent d’assurer pour un temps la sécurité de leur Camp de la Boëne dirigé par le chef militaire Martin, Sous-Préfet de Neufchâteau.



 

C’était il y a tout juste 150 ans, cela se passait dans les bois de Lamarche.

A l’avenir, lorsque vous prendrez la route qui mène de Frain à Lamarche, imaginez une colonne de 1100 Prussiens,  à pied ou à cheval, accompagnés de canons, qui marchent en rangs serrés vers Lamarche où les attendent dans les fourrés 300 francs-tireurs prêts à en découdre …