jeudi 4 juin 2026

Champlitte

        Aux portes de la Franche-Comté

 


    Comme tous les ans, le club de généalogie organisait, le 21 mai 2026, sa sortie culturelle. Pas moins de quarante-cinq adhérents covoiturèrent vers les portes de la Franche-Comté pour visiter Champlitte, ce très ancien bourg qui fut un important carrefour entre Bourbonne-les-Bains et Dijon. Nous apprîmes que la ville en tira une grande prospérité jusqu'au XVIIIe siècle. Pourtant, elle perdit inexorablement de son importance, jusqu'à ce que l'épizootie du phylloxéra porte un coup fatal à son économie. Beaucoup d'habitants, ruinés, se résolurent alors à émigrer vers le Mexique. Aujourd'hui encore, pour commémorer cet exode, Champlitte est jumelée avec San Rafael-Jicaltepec-Nautla. Outre les rencontres régulières, ces liens ont permis de maintenir l'enseignement du français aux enfants mexicains. 

       Champlitte possède un riche patrimoine, dont le château qui fait la renommée de la ville. Au XVIe siècle, sur les bases d'un austère château fort, François de Vergy, lieutenant général du comté de Bourgogne et comte de Champlitte, le réaménage dans le style Renaissance, selon des inspirations flamandes qu'il avait découvertes lors de ses voyages.

 

 

 

    Au fil des années, le château subit de nombreux dommages : quatre sièges, onze pillages et, enfin, l'incendie de 1751 qui ne laissa subsister que la façade. Les propriétaires, comtes de Toulongeon, père et fils, le reconstruisirent alors dans sa forme actuelle en lui ajoutant deux ailes de style néoclassique. 

    En 1824, la commune de Champlitte racheta le château aux héritiers des Toulongeon et y installa l'hôtel de ville. En 1957, sous l'impulsion d'Albert et Félicie Demard, deux passionnés d'histoire locale, le Musée départemental d'Art et d'Histoire populaire y prit place.

    Surpris par l'anachronisme d'un univers paysan exposé dans un château, le groupe passa toute la matinée à découvrir les innombrables richesses du monde rural. Au travers des objets exposés, chacune et chacun purent y retrouver de nombreux souvenirs personnels. Les commentaires allèrent bon train.

    Après la photo souvenir dans les jardins à la française, recréés sous la direction du paysagiste Marc Lechien en 2008, direction Fayl-Billot pour le déjeuner au restaurant Le Fayl, qui sut satisfaire avec efficacité les appétits des participants.

 

 

 

    Ce bon moment gastronomique et convivial ne pouvant s’éterniser, il restait à rejoindre la Maison de la Vannerie de Fayl-Billot, ville reconnue comme la capitale française de la vannerie. Là, les guides expliquèrent que cette activité est implantée dans la région depuis plusieurs siècles, car le terroir permet de cultiver un osier d'excellente qualité, apprécié tant pour sa robustesse que pour son élasticité.

 

 


 

     Longtemps, la vannerie a constitué une activité économique majeure pour les habitants de Fayl-Billot et des villages voisins. De nombreuses familles complétaient les travaux agricoles à la fabrication d'objets en osier. Paniers, corbeilles, hottes, ruches ou encore paniers de récolte étaient indispensables à la vie quotidienne, à l'agriculture et au commerce.

    Après la Seconde Guerre mondiale, la concurrence du plastique provoque un important déclin de la profession. Aujourd’hui, la vannerie ne représente plus une activité économique majeure. Seuls quelques artisans perpétuent la tradition en l’orientant vers l’artisanat d’art, le design et les matériaux durables. Mais aujourd’hui encore, Fayl-Billot demeure le principal centre français de formation aux métiers de l’osier,

    En effet, l'École nationale d'Osiériculture et de Vannerie, créée en 1905, est la seule école française entièrement consacrée à l'apprentissage de l'osiériculture et de la vannerie. Elle forme des professionnels venus de toute la France mais aussi de l'étranger. Les élèves y apprennent aussi bien la culture de l'osier que les techniques traditionnelles et contemporaines de fabrication.

 

Fayl Billot - Ville et Métiers d'Art

 

    Sous un soleil ardent, le groupe fut ensuite conduit vers une oseraie afin de comprendre la culture et l'exploitation de l'osier. Les brins sont récoltés durant l'hiver, puis « épluchés » et triés selon leur longueur, leur diamètre et leur qualité. Avant le tressage, ils sont trempés dans l'eau afin de retrouver toute leur souplesse.

 

           

  

    Après ces explications, un passage à la Boutique des Vanniers s'imposait. Tenue à tour de rôle par une dizaine d'artisans vanniers, elle permet de découvrir leurs créations et d'assister à des démonstrations de leur savoir-faire.

 

 

   




 Enfin, la journée se termina par la visite du musée, ultime étape d'une sortie particulièrement riche en découvertes, qui permit à chacun de mieux comprendre l'histoire, les traditions et les savoir-faire de ce territoire situé aux portes de la Franche-Comté.

    Merci aux G.O et vivement l'année prochaine.