lundi 28 janvier 2019

TRAGEDIE à MAXEY SUR MEUSE







Maxey sur Meuse, 1897.




Il s'agit d'un village composé de 147 maisons pour 160 feux. L'activité du village est diversifiée. On note un travail important de la terre avec des cultivateurs, des laboureurs et des vignerons qui possèdent leur exploitation. 




Le secteur de l'artisanat est diversifié, avec des menuisiers, des maçons, des plafonneurs, des couvreurs de toit, des tuiliers, des brodeuses et des couturières. 






Cette petite bourgade de 434 âmes en bordure de Meuse  bénéficie des activités de commerces installées dans le village de Maxey. Boulangerie, épicerie, boucherie et même étude de notaire!

La famille Lécaille a quitté  la Meuse pour rejoindre la communauté de Maxey en cette fin de XIX° siècle.

Année 1897, en consultant l'état civil ...

En relevant systématiquement les actes nous avons enregistré les décès suivants:

acte de décès de Marceau LECAILLE


- Marceau LECAILLE.

Il s'agit d'un enfant âgé de 8 ans 
décédé le 31 avril 1897 au domicile de ses parents Louise et Pierre Emile.




Acte de décès de Louise THIERY


- Louise THIERY

Il s'agit d'une femme âgée de 41 ans, originaire de Vaucouleurs, décédée le 31 avril 1897. Epouse de Pierre Emile LECAILLE, et maman de Marceau.








Acte de décés de Pierre Emile LECAILLE
- Pierre Emile LECAILLE

Il s'agit d'un homme âgé de 51 ans, originaire de Vaucouleurs, décédé le 4 mai 1897. Epoux de Louise THIERY et père de Marceau . 






A la lecture de cet acte de décès, on imagine facilement que les constats n'ont pas été faciles: 



"Son identité définitivement établie le 12 mai par la justice après examen médico légal"
Trois décès successifs, une action de justice, on peut soupçonner qu'il y a eu un drame dans cette famille.


Que s'est-il passé?

Y-a-t-il eu dispute au sein du foyer, agression extérieure ou bien accident domestique? Aucun indice dans les actes de Maxey pour trouver une explication.
Recherchons un peu plus loin.
Pierre Emile LECAILLE et Louise THIERY sont originaires de Vaucouleurs. Lui est mécanicien, elle couturière lors qu'ils se marient dix ans avant en 1887


Acte de Mariage entre Pierre Emile LECAILLE et Louise THIERY

Le ménage vivra d'abord à Vaucouleurs où naîtra leur unique fils Marceau.
Par la suite, la famille s'installe à Maxey sur Meuse. Louise est toujours couturière, Pierre Emile changera de métier pour celui de tuilier.
La famille est enregistrée au recensement de 1896 grande rue à Maxey.


Recensement de 1896 à Maxey sur Meuse

A la lecture de tous ces documents, nous connaissons un peu mieux cette famille, mais toujours rien qui explique le drame supposé de 1897.


Le hasard et la chance

A ce stade de recherche, seul le recours aux gazettes locales pouvait être utile pour l'explication recherchée. En fait, arrivé à Maxey sur Meuse avec sa famille, Pierre Emile Lecaille s'est installé avec sa famille en début de la Grande Rue.
Il a changé de métier pour celui de tuilier. Il a monté une entreprise dans le bourg, une tuilerie qui n'a pas fonctionné comme attendu. Dans l'impossibilité de payer ses créanciers, acculé de toutes parts, l'homme au désespoir a décidé d'en finir et d'entraîner toute sa famille dans cette fin tragique en mettant le feu à ses biens dans la nuit du 30 avril au 1° mai. L'enfant, puis la mère et enfin le père ont été retrouvés le lendemain dans les décombres.


extrait de l'est républicain du lundi 3 mai 1897
  
Aujourd'hui . . .

Il ne reste aucune trace de cette famille dans le petit cimetière de Maxey en bordure du chemin à la sortie du village. Certes, il reste bien quelques tombes qui témoignent de décès contemporains de l'époque de ce drame. Mais aucune tombe au nom de la famille Lécaille. On peut supposer que, sans ressources, toute la famille a été inhumée comme tous les indigents au XIX° siècle dans une humble sépulture qui n'a pas résisté aux affres du temps et de l'abandon.

Cimetière de Maxey sur Meuse










jeudi 15 novembre 2018

EXPO 14/18 à Neufchâteau


L'exposition sur les poilus de Neufchâteau morts pour le France et inscrits au monument aux morts s'est tenue du 6/11 au 11/11 au Trait d'Union.






Avec pour temps forts:
- l'inauguration le samedi 10 novembre 
- et la clôture des célébrations du 11 novembre le dimanche.



De nombreuses visites avec un public certes confidentiel, mais intéressé par le passé de la ville et les liens entre familles tissés tout au long de ce XX° siècle depuis cette guerre.






Rappelons que cette exposition était construite autour de trois thèmes:

- actes de naissance et fiche militaire de chaque poilu
- arbres descendants pour chaque poilu 
- historique de l'édification du monument aux morts de la Place des Cordeliers
- illustration par des affiches originales sur la guerre 14/18



Tous les membres du cercle généalogique du Pays de Jeanne ont participé à l'élaboration et à l'animation de ce travail dans un bel exemple de collaboration solidaire.






Cette belle expérience, réalisée grâce au concours de la Ville de Neufchâteau et  du T.U. de la communauté de communes a permis au Cercle Généalogique de rencontrer un public intéressé autour de ce moment fort que fut le centenaire de la fin de la première guerre mondiale.

lundi 15 octobre 2018

14/18 le cercle au travail



Les membres du cercle se sont retrouvés jeudi dernier pour un travail collectif autour des affiches qui seront présentées au public du 5 au 11 novembre au Trait d'Union de Neufchâteau




Tout est prêt pour une installation au rez de chaussée du Trait d'Union:
- Panneaux d'exposition
- livrets consultables sur place
- accueil des visiteurs 







RAPPEL de nos manifestations:








LIFFOL LE GRAND

les poilus de Liffol 
inscrits au monument aux morts
dans le cadre de l'expo GACVIE
le 4 novembre 2018
Salle des fêtes






NEUFCHÂTEAU
Les poilus de Neufchâteau
inscrits aux monuments  aux morts
du 6 au 11 novembre
au Trait d'Union
















dimanche 7 octobre 2018

reprise des ateliers




Les animations de l'antenne du cercle généalogique à MCL de Neufchâteau ont recommencé fin septembre.

Nous accueillons de nouveaux membres dans nos ateliers.









les périodicités n'ont pas changé:
Chaque premier et troisième jeudi du mois:
atelier 1: de 10 à 12H00
atelier 2: de 14 à 16H00
atelier 3: de 16 à 18H00









Date à retenir:


Du 6 au 11 novembre
au Trait d'Union:

Exposition sur les poilus de la guerre 14/18 
morts pour la France 
et inscrits aux monuments aux morts 
de Neufchâteau / Noncourt / Rouceux.







Cette exposition se tiendra au Trait d'Union du 6 au 11 novembre.
Elle proposera aux visiteurs un document sur chaque soldat avec son acte de naissance et sa fiche militaire. 
Des membres du cercle ont poursuivi leurs recherches au de là de ces panneaux et ont construit, pour chaque soldat, un arbre descendant qui permettra à celui qui le souhaite de faire le lien entre ces soldats et sa propre famille.
De quoi resserrer les liens des néocastriens avec leur patrimoine et leur histoire . . .

mardi 7 août 2018

Exemption annuelle d'impôts à Neufchâteau ! ! !

Il y avait jadis à Neufchâteau une recette principale, avec la perception de la gabelle, des taxes d'entrée et de sortie des denrées ainsi que la gestion d'un entrepôt des tabacs.

Octrois, paiements et entretiens des officiers municipaux, logement et prises en charge des troupes en résidence, frais de gestion des différents offices de la ville, autant de charges conséquentes que la population doit supporter. Ces charges sont d'autant plus lourdes pour la population qu'il y a beaucoup de dispenses et d'exonérations en tout genre.


Nobles, fonctionnaires, gens aisés et influents étaient non seulement dispensés de tout ou partie des impôts qu'ils devaient à la collectivité mais aussi des taxes sur leurs produits de consommation qui étaient eux aussi franchisés.
Il n'était pas jusqu'au joueur d'orgue de la paroisse et aux domestiques des couvents de la ville qui jouissaient de ces franchises.





C'est dans ce contexte particulier qu'un privilège sous forme d'exemption singulière était accordée chaque année. C'était celui du roi de l'oiseau .


Qui est le roi de l'oiseau?

En fait il s'agit d'une tradition très ancienne qui daterait de la création des compagnies d'archers et qui consistait à tirer sur un oiseau en bois fiché au bout d'une longue perche. Cet oiseau ressemblant plus ou moins au perroquet dans sa forme et dans le chatoiement des couleurs dont il est paré, l'exercice a parfois pris le nom de tir au papegault ou tir au papegay avant de devenir l'abat l'oiseau ou Tir du Roy.



L'oiseau de bois aura la taille d'un pouce sur deux ( 2,5cm sur 5cm) et sera monté sur un mât de 15 à 18 m. Il peut également être placé sur un arbre, une tour ou un rempart.

Au début du printemps, on convoque tous les membres de la compagnie pour se mesurer dans un ordre précis établi par un règlement. Chaque archer fait un tir. Si l'oiseau n'est pas abattu, on recommence dans la même ordre.





Pour que le tir soit pris en compte, l'oiseau doit être détaché de son support et l'impact de la flèche marqué visiblement. Ce sont les chevaliers de la compagnie qui en vérifient l'impact.






Celui qui abat l'oiseau devient Roy pour un an. Son statut de Roy de l'Oiseau le dispense de l'impôt pendant la durée de son règne éphémère. 
A la suite de quoi son titre est remis en jeu.

A noter que Bertrand Dugesclin fut Grand Roy du Papegay au Champ Jacquet de Rennes au XIV° siècle !



A Neufchâteau, la tradition du tir au papegay était une coutume ancienne. Cet exercice était pratiqué tous les ans et les droits du vainqueur garantis par odonnance du Duc de Lorraine.
Le papegay était sur un mât fixé sur une tour du château.
Un ordre de tir était établi, en commençant par certains notables de la ville, puis vient le tour des archers selon leurs rangs et grades dans la compagnie
Le premier tir étant réservé au Duc de Lorraine, il est assuré par un notable de la ville "pour l'honneur du Duc". En 1699, ce fut Pierre Louis Sauville, "lieutenant bailliager chef de police gryuer" de Neufchâteau qui remplit cet office. 




Selon les recherches de M. Loeillet, instituteur, dans sa monographie, le vainqueur était proclamé roi de l'oiseau pour un an avec exemption des droits d'octroi, notamment  pour l'encavage des vins et la sortie de grains.




Au fil des années, ce droit a été détourné de ses finalités parce que le Roy de l'Oiseau avait pris pour habitude d'en faire profiter à bon nombre de ses connaissances. 



Léopold, Duc de Lorraine


La ville de Neufchâteau  se trouva donc face à un problème grandissant d'impayés en matière de taxes. Elle a demandé l'arbitrage du Duc Léopold de Lorraine qui supprima ces franchises et exemptions au profit d'une somme fixe de 100 francs barrois versés au vainqueur. Cette somme couvrait largement le montant annuel des impôts ... pour une personne!



Extrait de la monographie de M Loeillet, instituteur à Neufchâteau




Remarques:
1) déformation du mot Papegay en  Pape Gay 
2) la date du 8 juin 1799 est fausse et ne concorde pas avec les dates de Pierre Louis de Sauville, il s'agit du 8 juin 1699
3) la date  laquelle la ville est intervenue auprès du Duc est illisible dans le texte ci-dessus. Elle doit se situer obligatoirement entre 1697 et 1729


dimanche 5 août 2018

Rapport de la Châsse de St Elophe et décharge des cautionnements fait pour sa sûreté

En 1772, la châsse a été confiée à Sieur Courtois, Maître Menuisier de Ruppes afin d'en vérifier l'état et de procéder à sa restauration.
le 20 septembre de la même année, la châsse est de retour à St Elophe.
Le procès verbal de se réception est dressé sur les registres avec une décharge des cautionnements nombreux et importants assurés par des artisans du lieu.



" l'an mil sept cent soixante douze, le vingt du mois de septembre,en présence des Sindics et Maires de cette paroisse, le Sieur Courtois, Maître Menuisier domicilié à Ruppes, a rapporté la châsse de St Elophe qui était déposée chez lui pour la rétablir selon le traité fait entre lui et les dits Maires et Sindics après avoir examiné part devant Mr Paquet prêtre Curé de cette paroisse si la ditte chasse était en l'état voulu par ledit traité en datte du deux août de la présente année et si toute l'argenterie était en égale quentité que lors du transport de la ditte chasse chès ledit Sr Courtois, ayant trouvé le tout dans le meilleur ordre et parfait établissement. "




" Nous Maires et Sindics sous signés avons reçu et agrée daditte chasse, déclarons en être très contents, déchargeons en conséquence ledit Sieur Courtois, ainsi que François Chané demeurant à Ruppes, Pierre Gardeux cabaretier demeurant à Soulosse et Dominique Galland cordonnier demeurant à Brancourt du cautionnement qu'ils avaient fait tous quatre de leurs biens présents et avenir pour la sûreté du transport et du rapport de laditte chasse et les tenons quittes en tous points au sujet de laditte chasse le tou sous l'agrément et du consentement de notre dit Sieur Curé."

Sognatures:
J GARDEUX    /    Joseph MESSAGER    /    Etienne BASTIEN    /    François FLOQUET   /   
 Elophe MALVOISIN    /   M. MARCHAL   /   Jean Pierre CORNELIS   /   Joseph BURNE
PAQUET Curé de St Elophe